Un salon de coiffure vit de son agenda, et la coiffure a un avantage rare : le résultat se voit. Une cliente entre avec les cheveux longs, ressort avec un carré, et tout est dit en une image. TikTok est fait pour ça. Selon le rapport Digital 2026 Belgium de DataReportal, 4 adultes belges sur 10 sont sur TikTok, et en Flandre, ceux qui l'utilisent y passent en moyenne 59 minutes par jour (imec.digimeter 2025). Et tout se tourne entre deux rendez-vous, téléphone calé sur la tablette du poste.
D'abord, l'accord de la cliente
Une cliente filmée, c'est l'image d'une personne, et en Belgique on ne la diffuse pas sans son accord (Code de droit économique, article XI.174). L'Autorité de protection des données le rappelle : accepter d'être filmée et accepter que la vidéo soit publiée sont deux accords différents. Demandez les deux, et montrez-lui la vidéo avant de la mettre en ligne.
Le SPF Economie précise qu'un accord oral est valable, mais qu'il se lit de façon restrictive : un oui pour TikTok n'est pas un oui pour une affiche en vitrine. Un écrit, même un simple message de la cliente, vous protège mieux. Pour un enfant, il faut l'accord des parents. Et si une cliente préfère rester discrète, filmez-la de dos : une coupe se voit très bien de dos.
Le résultat, ce qui donne envie
1. L'avant/après
À filmer : la cliente de dos ou de profil à son arrivée, puis le résultat, au même endroit, dans la même lumière, avec le même cadrage. Entre les deux, un claquement de doigts ou une main qui passe devant l'objectif.
À l'écran : « Elle voulait changer de tête »
Pourquoi ça marche : la différence parle d'elle-même, sans un mot. Gardez exactement le même cadrage : sinon, on croit à un filtre.
2. La transformation en accéléré
À filmer : toute la prestation en continu, téléphone fixé sur un petit pied ou calé contre un miroir, puis accélérée dans l'application. Un balayage, une couleur, un dégradé à la tondeuse.
À l'écran : « Tout le balayage, en accéléré »
Pourquoi ça marche : on voit le travail, pas seulement le résultat. Le spectateur reste pour la fin, et comprend au passage pourquoi une couleur prend du temps (et pourquoi elle a ce prix).
Le savoir-faire, ce qui rassure
3. Le conseil d'entretien en 15 secondes
À filmer : vous, face caméra ou en voix ajoutée après, avec un seul geste. Sécher une frange sans qu'elle gonfle, protéger une couleur sous la douche, garder ses boucles pendant la nuit.
À l'écran : « L'erreur que tout le monde fait avec sa frange »
Pourquoi ça marche : un conseil utile s'enregistre et se partage. Il montre votre expertise sans rien vendre, et la cliente qui l'applique pense à vous chaque matin devant son miroir.
4. La coupe tendance du moment
À filmer : la coupe que vos clientes vous demandent en ce moment. D'abord la photo qu'elles vous montrent sur leur téléphone (écran flouté), puis votre version, sur une vraie cliente.
À l'écran : « La coupe que tout le monde nous demande en ce moment »
Pourquoi ça marche : les gens cherchent déjà cette coupe. En montrant votre version, vous devenez le salon de votre ville qui sait la faire. Mettez son nom dans la légende, avec votre ville en mot-dièse.
Le salon de l'intérieur, ce qui attache
5. Les coulisses
À filmer : le salon avant l'ouverture. Les serviettes pliées, les bols de couleur préparés, le café qui coule, les ciseaux alignés. Quatre plans très courts, calés sur un son choisi dans l'application.
À l'écran : « Le salon, juste avant votre rendez-vous »
Pourquoi ça marche : vous montrez ce que la cliente ne voit jamais. Le soin du détail en coulisses rassure sur le soin de la coupe.
6. La question qu'on vous pose tout le temps
À filmer : votre réponse, en action. Pour « Je peux passer du brun au blond en une fois ? » : les mèches, la décoloration, le résultat, et ce qui est possible ou non.
À l'écran : la question telle quelle : « Du brun au blond en un seul rendez-vous, c'est possible ? »
Pourquoi ça marche : si vos clientes vous la posent au bac, d'autres se la posent chez elles. Une réponse honnête, même « non, il faut deux séances », inspire confiance.
7. L'équipe
À filmer : chaque coiffeur ou coiffeuse dans son geste préféré, une personne par vidéo, avec son prénom et sa spécialité. Demandez-leur aussi leur accord : le droit à l'image vaut pour votre équipe.
À l'écran : « Les blonds froids, c'est Léa »
Pourquoi ça marche : on revient pour une personne, pas pour une enseigne. TikTok le conseille d'ailleurs à ses annonceurs dans son centre d'aide : montrer des personnes, employés ou clients.
Les avis Google, l'autre pilier
La vidéo fait découvrir votre salon. Avant un premier rendez-vous, on vérifie votre note. Selon l'enquête annuelle de BrightLocal (février 2026, 1 002 consommateurs aux États-Unis), 97 % des personnes interrogées lisent les avis avant de choisir un commerce local, et 47 % évitent un commerce qui a moins de 20 avis. Google l'écrit aussi dans son aide : le nombre d'avis et les bonnes notes font remonter une fiche dans les résultats locaux.
- Demandez à chaque client, en fin de rendez-vous, au moment de payer, ou par message le jour même. À chacun, pas seulement à ceux qui ont l'air ravis : les règles de Google interdisent de trier.
- Un QR code près du terminal de paiement, vers votre formulaire d'avis (Google le fournit depuis votre fiche). Toujours selon BrightLocal, 83 % de ceux à qui l'on a demandé un avis en ont laissé un.
- Répondez à chacun dans la semaine, avec le prénom et un détail : la couleur, la frange, le conseil donné. Les réponses toutes faites refroidissent la moitié des lecteurs, selon la même enquête.
- Rien en échange, pas de remise sur la prochaine coupe. Et ne demandez pas aux clients de citer le prénom de la coiffeuse dans leur avis : Google l'interdit aussi.
Modèle à dire au moment de payer
« Ça vous plaît ? Si vous avez un moment, un avis Google nous aide beaucoup, qu'il soit bon ou moins bon. Le QR code est juste là, ou je vous envoie le lien par message. »
Un avis négatif finit toujours par arriver : voici comment y répondre sans vous énerver.
Le lien de réservation au bon endroit
Une vidéo qui plaît ne sert à rien si la cliente ne trouve pas comment réserver. Le chemin doit tenir en un geste, partout où elle vous croise.
- Sur votre profil TikTok : la première ligne de la bio dit comment réserver, et le lien vers votre agenda en ligne va dans le champ prévu, si votre compte le propose. Sinon, votre numéro.
- Dans chaque légende : la dernière ligne rappelle « Réservation : lien dans le profil ».
- Sur votre fiche Google : renseignez votre lien de prise de rendez-vous. C'est là qu'arrive la cliente qui vient de lire vos avis.
- Dans vos réponses aux commentaires : « Combien pour ce balayage ? » mérite une vraie réponse, avec le prix et le chemin pour réserver.
Exemple
Un salon de Liège publie le mardi l'avant/après d'un carré, avec la légende « Carré dégradé coupé par Inès, rue Saint-Gilles. Réservation : lien dans le profil. #liege #coiffeur #carre ». Le soir, une personne demande en commentaire s'il reste de la place samedi : le salon répond avec le créneau libre de 14 h et renvoie vers le lien.
À faire cette semaine
- Demandez à deux clientes leur accord écrit et tournez leur avant/après.
- Tournez un conseil d'entretien sur la question qu'on vous pose le plus.
- Posez un QR code d'avis près du terminal et demandez un avis à chaque client pendant sept jours.
- Vérifiez que votre lien de réservation figure sur TikTok et sur votre fiche Google.
Pour la grille d'une vidéo de quinze secondes, plan par plan, et les temps forts d'un salon dans l'année (fêtes, communions, rentrée), lisez le guide de survie du commerce local en 2027, gratuit.

